Par quelle alchimie politicienne les impressions furtives de quelques-uns se transforment-elles, sans preuve aucune, en présomption de culpabilité ?
Depuis quand, en l'absence d'éléments probants, prononce-t-on des sentences, prélude à l'exécution, quand bien même faille-t-il, le cas échéant, se satisfaire de sa version médiatique ?
Depuis quand, le faciès contrarié d'une personne, fût-elle chef de cabinet, est-il un élément qui supplante ses déclarations, voire ses dénégations ?
Depuis quand, la version d'un avocat, en l'occurrence celui de l'Etat, est-elle a priori suspecte de complaisance, pire peut-être ?
Ne sont-ce pas là les ingrédients d'un procès d'intention qui dissimule son nom ?
Que penser, par ailleurs, d'une instance dont les quatre experts, désignés par ses soins, ont exprimé, d'entrée de jeu, les plus extrêmes réserves quant à son propre fonctionnement et ses inconséquences potentielles ?
Ne serait-ce pas, en définitive, l'illustration parfaite de la montagne qui accouche d'une souris ?
En vérité, une seule certitude subsiste : que de frustrations pour tous ceux dont le secret espoir était de sonner l'hallali !