Oreye, le 31.07.2010.
« Octobre noir » L'incursion des pyromanes.
Ce dixième mois de l'année 2009 vit naître une fièvre contestataire qui, avec le recul, se révèle d'une rare inconséquence.
Comme les peurs, les frustrations, réelles ou supposées, sont mauvaises conseillères.
Quand, de surcroît, par médias interposés, l'étalage public supplante le débat interne et la confidentialité associée, l'atmosphère s'alourdit au point d'en devenir délétère ; le pire alors est à craindre.
Au moment où les ambitions personnelles mettent à mal ce qui constitue le ciment de toute organisation, a fortiori d'un mouvement politique, à savoir la cohésion, ce n'est pas le droit de tendance auquel on fait appel, c'est la stabilité même de l'édifice que l'on sape. Dans la volonté obstinée de destituer un homme, c'est l'intérêt supérieur du parti qui est battu en brèche.
En vérité, pour d'aucuns, la conjuration a pour raison l'aspiration inavouée à devenir calife à la place du calife : quant à faire flèche de tout bois, à telle fin de faire vaciller celui que l'on tend à défenestrer ...
Pour hasardeuse qu'elle soit, la méthode peut en outre se révéler destructrice, au point de compromettre la crédibilté même du parti.
En regard des dommages causés, dont on ne mesure pas encore toute l'étendue, il ne faut pas être grand clerc pour entrevoir une cicatrisation douloureuse et longue.
Après avoir autant manqué de discernement, invoquer une recomposition stable, crédible, postule une période de latence qui devra utilement être mise à profit pour éroder les arètes vives, apaiser les ressentiments et aborder les choses sous un angle de réflexion hautement imaginatif.
Sous peu, l'impatience fébrile qui précipita le processus successoral à la présidence du parti sera immanquablement jugée à son bilan, à ses conséquences et à ses implications dommageables.
Voilà le sentiment d'un adhérent, comptant 22 ans d'affiliation, que les événements ont profondément attristé, voire ulcéré, chez qui, néanmoins, la préoccupation demeure de voir le sens commun à nouveau prévaloir.
A. DEGROEDE